Cher(e)s lecteurs/lectrices,
Voici mon 1er chapitre, il est plutôt court et il ne se passe pas grand chose, mais ça viendra.
Celui-ci, c'est surtout pour que vous vous imaginiez comment vit Mary !
4com's pour rester prevenu(e)
150com's ici pour la suite et 50 sur l'article Questions/réponses !
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Narration Mary (l'héroïne):
Je fus tirée de mon sommeil par le bruit agaçant des gouttes de pluie sur ma fenêtre. Ce qui, en vérité, était toujours mieux que de rester plongée dans les cauchemars de vieux souvenirs tristes et douloureux, comme chaque nuit. Je clignai des yeux plusieurs fois, aveuglée par la lumière du jour. Je ne voulais rien d'autre que dormir, mais cela m'était totalement impossible. Saleté d'insomnies ! Je soupirai et sortis finalement de mon lit. Enfin, si on pouvait appeler ce matelas sans couverture comme ça. Je regardai par la fenêtre, comme à mon habitude, et, comme toujours, j'essayai vainement de retenir mes larmes. Sans succès. A chaque fois, les souvenirs de cette nuit me revenaient en mémoire. C'était trop difficile à oublier. Je me dirigeai vers la vielle commode en bois clair et abimé et en sortis en t-shirt blanc et un jean troué. Je n'avais pas les moyens de jouer la top-modèle, avec mon semblant de salaire. Je me dépêchai de prendre une douche, de m'habiller et de prendre mon sac, et je sortis de mon appartement. Il ressemblait à une prison, à cause de ses murs blancs-gris et son plancher sale. La cuisine était de loin la pièce la plus horrible. Le frigidaire était vide, et il n'y avait pas de fenêtre. Aucun charme. Rien qu'une envie oppressante d'en sortir pour toujours. Je m'élançai au dehors, descendis les escaliers en quatrième vitesse. Je croisais plusieurs personnes, mais personne ne me saluait. Ici, dans ce pauvre quartier de New York, la politesse ne faisait pas partie des priorités. Je m'y étais habituée avec le temps, les jours, les semaines. Je poussai la porte d'entrée et me retrouvai à l'extérieur. Je pris une grande gorgée d'air, histoire de profiter de ces derniers instants de liberté. J'allais travailler « Chez Stan », un petit bistrot sympa du centre-ville. On y rencontrait des gens amicaux, j'aimais bien. Je ne sais pas si on avait le droit de travailler à 16ans, mais Stan m'avait directement acceptée comme employée. Tant mieux. J'avais bien besoin de payer mon loyer !
Au bout d'une dizaine de minutes, j'arrivais à destination. Mes jambes étaient en compotes.
- Salut Mary, tu arrives pile à l'heure !
Stan, le patron, était un gars en or. Toujours prêt à aider celui qui en a besoin et à donner des conseils. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans lui ! Il m'avait aidée à sortir du tourbillon de la malchance. Un jour, je lui revaudrai ça. Je le lui avais promis.
- Salut ! Il y a beaucoup de clients ?
- Ils commencent à arriver. Je vais m'occuper de la table 3, ton tablier est sur le comptoir.
- Ok, merci.
Et il partit. Je me rendis donc au comptoir et attachai mon tablier rouge.
- Mary, par ici ! m'appela Sam, la chef cuisinière.
- J'arrive !
Je pris le temps d'admirer une dernière fois le restaurant et son ambiance chaleureuse. Les tables en bois, les nappes à carreaux, les photos du grand canyon, tout cela me faisait penser à un western. Ça me rappelait l'année où j'étais partie en vacances dans un ranch avec mes parents... Ce qu'ils me manquaient. Mais je n'avais rien à leur dire, après tout. Ils m'avaient abandonné. Sans eux, l'absence était immense, certes, mais il y avait d'autres personnes qui rendaient mon c½ur encore plus lourd. Mes meilleures amies, mes meilleurs amis... Et, bien sûr, lui. J'entrai dans les cuisines. Ça sentait bon. ¼ufs brouillés et lards. Mon estomac émit un bruit sourd.
- Tu n'as pas mangé, pour changer ? dit Sam, en venant vers moi.
Je fis non de la tête et pris un air innocent. Mon interlocutrice soupira et un sourire en coin illumina son visage, soulevant son double menton. Elle allait encore me faire la morale !
- Je t'ai déjà dit des dizaines de fois que le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée !
- Je sais, mais je n'ai ni le temps ni l'argent pour acheter de la nourriture.
Elle leva les yeux au ciel. Tous les matins, c'était la même chose. On se disputait tout le temps mais, malgré tout, je n'avais pas pu m'empêcher de m'attacher à elle. Un peu comme à une deuxième mère. Je savais pourtant que s'enticher de personnes pouvait faire mal. Très mal.
- Tiens, prends ça.
Elle posa devant moi une énorme mousse au chocolat blanc. Elle dût remarquer l'expression ahurie de mon visage parce qu'elle rit.
- Je l'ai faite spécialement pour toi, avant de partir. Je me doutais bien que tu aurais le ventre vide. Je te connais par c½ur, Mary Gomez. Aller, mange !
Pas besoin d'insister, je dévorai le dessert. Sam était ébahie par ma rapidité. Et ma gourmandise. Ce n'était pas ma faute, c'était trop bon. Je n'avais jamais rien gouté d'aussi... Miam !
- Et bien ! Tu as aimé, on dirait !
- J'ai adoré ! Merci !
Je lui collai un bisou au chocolat collant sur la joue.
- Mary !
Je lui fis un grand sourire, pris le premier plat qu'un serveur me tendait, et sortis de la pièce, avant qu'elle ne me poursuive. Ça faisait du bien de manger !
- C'est pour qui, l'omelette aux champignons ? demandais-je à Ashley, une employée.
- La table 4, au fond.
Je me rendis donc à la table. Mais, à deux mètres d'elle, j'arrêtai d'avancer. J'avais reconnu le visage du client. Il s'agissait de Drew, mon ancien voisin, lorsque j'habitais dans un des quartiers chics de Phoenix. Il avait toujours été gentil avec moi, mais je n'avais pourtant pas très envie de le revoir. Pourquoi ? Que voulez-vous que je réponde ? Je ne voulais pas me souvenir, c'est tout.
- Aller Mary, vas-y ! m'interpella Ashley.
- Je... Euh, oui.
Je n'avais pas trop le choix. C'était ça, ou plus de boulot. Je m'approchai de l'Apollon. En effet, il était très beau : cheveux châtains retombant négligemment devant ses yeux bleus piscine, musculature parfaite. Le rêve de beaucoup de filles, en fin de compte. Mais pas le mien. Malheureusement. Tout serait plus facile.
- Bonjour, dis-je, la voix légèrement tremblante, votre commande.
Il leva les yeux vers moi, et me reconnut presque aussitôt.
- Mary ! s'exclama-t-il.
- Euh... Non, moi c'est June, vous devez vous tromper, répliquais-je.
Mais il n'allait pas tomber dans le panneau aussi facilement, que croyez-vous ! On se connaissait depuis qu'on était en couche-culotte ! Il n'avait rien oublié. C'était mon meilleur ami après tout. De plus, on ne pouvait pas dire que j'étais bonne actrice, si vous voyez ce que je veux dire.
- Mary, ne dis pas n'importe quoi ! Je sais que c'est toi.
- Euh... Ouais, avouais-je.
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Tu as disparu du jour au lendemain.
- Non, ils ont disparu. Moi, j'ai essayé de rester. Mais c'était trop dur.
Il fronça les sourcils. Même lui n'était pas au courant. En vérité, personne n'était au courant. Ceux qui avaient eu connaissance de mon erreur n'étaient pas sensés la découvrir. C'était accidentel. Aussi bien ma chute aux enfers que leur découverte. Après cela, ils m'avaient tous laissé tombée. D'abord mes parents, car ce n'était pas bon pour leur image. Ensuite, ce fut au tour de mes amis, puis le sien.
- Pour quelle raison était-ce trop dur ? demanda Drew.
- Il vaut mieux que tu ne le saches pas.
- Pourquoi ?
- Parce qu'après, tu garderas un horrible souvenir de moi, tu me détesteras.
- Je ne te détesterai jamais Mary.
- C'est ce que tu crois. Excuse-moi, je dois aller travailler.
Et je m'éclipsai. Il n'y aurait aucune révélation aujourd'hui. Je me retournai et vis qu'il me fixait. Je me mordis la lèvre, comme j'avais l'habitude de le faire lorsque j'étais nerveuse. Très mauvaise petite manie. Je déposai le plateau aux cuisines. Discrètement, pour que Sam ne me remarque pas. Ce qui fonctionna. Je revins dans le restaurant en toute tranquillité. Mais ce sentiment de satisfaction se transforma en surprise quand je vis que Drew m'attendait.
- Qu'est-ce que tu veux ? demandais-je, agacée.
- Je veux juste passer du temps avec toi.
- Passer du temps avec moi ?
- Exactement.
- Tu es sûr de ne pas vouloir découvrir ce qu'il m'est arrivé ?
- C'est vrai que ça m'intéresse, mais je veux avant tout rattraper le temps perdu.
- Ah oui ?
- Je te le promets. Tu ne peux pas prendre un jour de congé ?
- J'ai besoin d'argent.
Il haussa les sourcils. Moi, fille de millionnaires, j'avais besoin d'argent ? Et bien oui !
- Je vois. Tu finis à quelle heure ?
- Tu ne comptes pas me lâcher, hein ?
- Non.
- 19h30.
- Je serai là.
Je hochai la tête. Il sourit, de ce petit sourire qui m'avait tant manqué, se retourna, et partit. C'est là que je me rendis compte de ce que je venais de faire.
- T'as une touche, Mary ! me lança Ashley, en passant.
Je lui souris. Ce n'était pas du tout ça, mais elle ne pouvait pas savoir. Je soupirai. Dans quoi m'étais-je encore embarquée ?